HISTORIQUE


HISTORIQUE

La construction d’une maison de la culture a été longtemps réclamée par l’ensemble des artistes et des hommes de culture de Côte d’Ivoire. La volonté du projet de construction de cette maison de la Culture a été initiée par le gouvernement ivoirien sous le Président Félix HOUPHOUËT BOIGNY avec M. Bernard B.DADIÉ alors Ministre de la Culture de 1978 à 1982. Mais l’esquisse du Palais de la Culture débute en 1992 avec Mme Henriette Rose DAGRI DIABATÉ alors Ministre de la Culture qui prend une part active dans le processus de négociation de la convention. La signature du contrat se fait le samedi 26 mars 1994 au Cabinet du Ministre de la Culture en présence des Ministres de la Construction, des Affaires Étrangères et de M. Bernard ZADI ZAOUROU. La délégation chinoise était conduite par M. Wang FENG.
Seize mois après la signature, soit le mercredi 26 juillet 1995, est posée sur le site Lagbo (ancien village Anoumabo), la première pierre par S.E.M. Henri KONAN BÉDIÉ, Président de la République de Côte d’Ivoire, et en présence de Messieurs Daniel KABLAN DUNCAN Premier Ministre, Albert KAKOU TIAPANI Ministre de la Construction et de l’Urbanisme, Bernard ZADI ZAOUROU, Ministre de la Culture et de S.E.M. Liu LIDE Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République Populaire de Chine près la Côte d’Ivoire. Les discussions sur la conception du complexe auraient longtemps achoppé sur le type architectural à retenir et sur la construction du théâtre à ciel ouvert. La partie chinoise estimait que la construction de ce théâtre de verdure n’entrait pas dans l’enveloppe budgétaire. […] Par ailleurs, pour la Côte d’Ivoire, cette maison de la culture doit être un véritable fruit de la coopération Ivoiro-Chinoise dans lequel chaque partie apporte quelque chose, aussi bien du point de vue du financement que de celui de l’architecture. Cet édifice doit symboliser physiquement cette coopération vue sous l’angle d’échange culturel. D’où la contre-proposition formulée par le gouvernement ivoirien qui suggérait un édifice à la forme d’une pagode sur un siège akan. La Côte d’Ivoire se propose de prendre en charge ce théâtre de verdure dont la conception et la construction sont confiées aux architectes et entrepreneurs nationaux.
En définitive, l’architecture retenue qui est une symbiose entre l’architecture chinoise et l’architecture ivoirienne est l’œuvre du cabinet d’architecture A.C.A. (Architectes consultants et associés), avec Messieurs SOSSAH Francis et Edmond KONAN KOFFI. Ces architectes ivoiriens se sont inspirés du siège akan : Un agencement organique des formes classiques (le cercle, le triangle et le carré). Leurs compositions ou distributions s’équilibrent « autour d’un axe principal sud-est /nord-ouest à la fois réel dans l’espace et virtuel dans son tracé, permettant l’éclatement du Palais ».
Prévu pour juillet 1995, c’est en 1996 que commence le démarrage effectif des travaux de construction. Les chinois promettent 30 mois pour l’achèvement de l’ouvrage.
La construction du Palais de la Culture comprend deux parties : une première partie, couvrant une superficie de 8 500 m², constituée de bâtiments entièrement couverts fut construite par la partie chinoise avec les sociétés Gansu Overseas Engineering Corporation et Complant : des salles de spectacle de 300 places, de 605 places et de 1500 places, des salles polyvalentes et des locaux techniques.
La deuxième partie d’une superficie de 1 750 m², concerne le théâtre à ciel ouvert, d’une capacité de 4000 personnes dont 2 750 places assises disposées sur des gradins, inscrits dans un demi-cercle. Cet ouvrage est entièrement financé par la Côte d’Ivoire. Un contrat (de privé à Etat) fut signé entre la société Complant et l’Etat de Côte d’Ivoire pour la construction. Le Palais de la Culture est construit sur le front lagunaire à Treichville, sur un terrain de 2, 5 ha, situé entre les deux ponts (Houphouët-Boigny et Général de Gaulle), d’accès facile, proche des arrêts de bus, bateaux bus, etc.
D’un coût total de 13 milliards (CFA), la Côte d’Ivoire contribue à 6 milliards et la Chine 7 milliards. La contribution ivoirienne comprend aussi bien la construction du théâtre à ciel ouvert que les droits de douane, les charges fiscales, les frais d’études et de suivi des travaux, les indemnisations des occupations du site… L’ensemble des ouvrages qui est fondé sur des pieux de 25 m de profondeur, est entouré de 10 000 m² d’espace vert. Il existe une plate-forme (parking) pouvant accueillir 300 véhicules légers et 8 bus et 2 appontements pour bateaux-bus. Ce site est sous vidéo-surveillance (75 caméras).
Son emplacement, dans un quartier populaire, au bord de la lagune et dans une zone d’accès facile manifeste la volonté des autorités ivoiriennes d’amener le peuple à faire vivre la culture et à vivre de la culture, en la mettant à la portée du plus grand nombre.
La première partie fut inaugurée le 1er octobre 1999 lors de la remise officielle des clés par la partie chinoise.
En décembre 1999, l’édifice est mis en service avec M. Zié COULIBALY comme coordonnateur de la cellule transitoire à charge de lancer et tester l’opération en attendant l’adoption du statut le régissant. Il compte plusieurs salles et espaces susceptibles d’accueillir différentes manifestations socio-culturelles.
Le 20 décembre 2000, l’établissement Public National à caractère Industriel et Commercial dénommé Palais de la Culture d’Abidjan, en abrégé (P.C.A) est créé par décret N° 2000-875 du 20 Décembre 2000 portant création, attributions et organisation de l’établissement. Il est composé d’un Conseil de Gestion et d’une Direction.
Sidiki BAKABA fut le premier Directeur du Palais de la Culture. Il a assuré cette fonction de Décembre 2000 à Avril 2011. Depuis Juillet 2011 M. KONE Dodo est Directeur Général du PALAIS DE LA CULTURE D'ABIDJAN et le décret portant sa nomination est paru dans les mesures individuelles prises lors du Conseil des ministres du mercredi 13 Février 2013. Le 23 décembre 2003 a eu lieu la cérémonie de remise officielle de clé du théâtre à ciel ouvert. Par le décret du 31 août 2010, Le Palais de la Culture d’Abidjan est rebaptisé Palais de la Culture Bernard Binlin-Dadié d’Abidjan en abrégé PCBD.
À la suite de la crise post-électorale qu’a connue la Côte d’Ivoire de Décembre 2010 à Avril 2011, le Palais de la Culture a été fortement endommagé, pillé et saccagé. En Septembre 2011, un protocole d’accord a été signé entre la Chine et l'état Ivoirien en vue de la réhabilitation et de la rénovation complète de l'édifice. Le montant des travaux s’élève à 24 milliards de francs CFA dont 15 milliards seront entièrement financés par un don de la République Populaire de Chine.
Un Comité de suivi du projet pour la réhabilitation est mis en place. Il est composé de la partie ivoirienne (Ministère des Affaires Etrangères, Ministère de la Culture et de la Francophonie, Ministère de la Construction et de l’Urbanisme, BNETD, SOCOTEC , Cabinet A.C.A Palais de la Culture) et de la partie chinoise. Il est coordonné par M. Mamidou Zoumana COULIBALY-DIAKITE, Directeur des Infrastructures et des Équipements Culturels au Ministère de la Culture et de la Francophonie.
Le jeudi 09 Mai 2013, M. Maurice KOUAKOU BANDAMAN, ministre de la Culture et de la Francophonie et S.E.M. Li JINZAO, Vice-ministre du Commerce de la République Populaire de Chine ont donné deux coups de marteau marquant symboliquement le lancement officiel des travaux de réhabilitation et de rénovation qui s’étendront sur 24 mois.